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Artistes

Mardi 27 décembre 2005
Jamaïcain exilé aux Etats-Unis, Sean Paul a porté le dancehall à une audience internationale, non sans critiques. Né le 8 Janvier 1975 à Kingston, Sean Paul va démarrer une carrière de sportif avant de se tourner vers la musique. Fils d’une mère peintre aux origines chinoise et d’un père lusitano-jamaïcain, Sean Paul bénéficie d’une éducation qui ne le prédestinait pas à un parcours dans le dancehall. Il grandit dans le confort d’un foyer où rien ne manque. A l’âge de 13 ans, sa mère lui offre un piano sur lequel il compose ses premières mélodies. Mais c’est vers le sport qui intéresse le jeune Sean Henriques, et plus particulièrement le water polo. Nageur confirmé, il représentera même la Jamaïque lors de rencontres internationales entre 1989 et 1991.

Décidé à faire carrière dans la musique et le dancehall qu’il affectionne depuis l’adolescence, Sean Paul troque la piscine pour le micro. Ses contacts avec certains des membres de Third World lui ouvrent quelques portes et en 1996 sort son premier single, Baby Girl, produit par Jeremy Harding. Coup d’essai, coup de maître, le titre ne quitte plus les radios. Sean Paul rejoint le Dutty Cup Crew. Suivront ensuite les hits Excite Me, Infiltrate (sur le Playground riddim), Hot Gal Today (en combinaison avec Mr Vegas), ou encore Deport Them.

"Stage One", son premier album, sort chez VP en 2000. Réunissant des singles antérieurs, "Stage One" inonde les radios américaines. Le public féminin suit. Le magazine Billboard classe Sean Paul troisième Artiste Reggae de l’Année, et "Stage One" quatrième Album Reggae de l’Année. Alors que Sean Paul cartonne au pays de l'Oncle Sam, la Jamaïque n'est pas en reste et plébiscite No Bligh (Penthouse Records), My Name (Shocking Vibes) et Check It Deeply (In The Streetz).

Héritier de Supercat, influencé par Shabba Ranks, le style de Sean Paul plaît. Et les Américains, rappeurs en tête, s'intéressent à lui. Il collaborera notamment avec Busta Rhymes, Jay-Z, DMX (avec Mr Vegas sur Here Come the Boom) ou Rahzel des Roots. Mieux, Sean Paul est le premier artiste reggae à se produire sur la scène du Summer Jam, gigantesque concert regroupant les scènes r&b et hip-hop.
En 2003, son deuxième album "Dutty Rock" vient confirmer la suprématie de Sean Paul sur le marché international. Les titres Gimme The Light et I'm Still In Love With You, reprise du standard d'Alton Ellis, tournent en boucle à la radio et à la télévision.
Par lascar9310
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Mardi 27 décembre 2005
Pour Rohff, l'aventure rapologique a démarré avec un premier maxi, Appelle-moi Rohff, sorti en indépendant à la fin des années 90. Avec ce premier CV, le rappeur d'origine comorienne s'affirmait comme l'un des rimeurs les plus percutants de la scène française.

Son premier album Le code de l'honneur, sorti en 2000, lui avait valu les louanges de sa base et d'élogieuses critiques dans la presse spécialisée.

Depuis, Rohff a mis le turbo: Qui est l'exemple ?, plus gros single du second album La vie avant la mort, s'est placé en 2002 à la première place des ventes, un événement inédit depuis Le Mia d'IAM voilà dix ans. Il faut dire que ce champion du hardcore ne se compare pas aux autres rappeurs français mais estime que sa concurrence, c'est 2Pac et Biggie. Question d'ambition et d'efficacité.

Le challenge de Rohff en 2004, c'est La fierté des nôtres. Plus qu'un nouvel album, ce projet est né lors des premières sessions d'enregistrement. Rohff abat des textes comme un bûcheron abat une forêt. Très vite, il s'aperçoit qu'il a accumulé plus de trente titres en béton.

Et La fierté des nôtres en portera les cicatrices: 32 titres finiront sur les deux CDs de ce pari artistique. Beat, scratch et accordéon: ça démarre hérétique avec un flow qui met une claque, alignant les phases insolentes de calibre .45 ("Les mecs qui apprécient Rohff, ils savent pourquoi/J'suis juste un vaillant, pas un rapper qui s'prend pour un you-voi") pour une première intro punitive.

Le ton est donné, et l'ampleur du défi peut étonner en ces temps difficiles pour la musique en général et le rap en particulier. "Il faut oser, et moi j'aime bien prendre des risques", explique celui que son fils appellera Housni.

Car le guerrier du hardcore a fendu son armure d'homme de fer sur de nombreux morceaux de son nouvel opus, notamment sur le très perso Fiston, hymne à la paternité écrit à la première personne. Accompagné d'un refrain chanté par J Mi Sissoko, le franc tireur laisse parler son coeur. On peut être (ou avoir été) un bad boy et savoir trouver les mots justes pour parler à un nouveau né fraîchement débarqué.

En effet, le secret le mieux gardé de Rohff, c'est son côté mature. On le savait expert en matière de récits mouvementés, et ce double CD n'est d'ailleurs pas avare en titres patate, avec Le son de la hagra featuring Expression Direkt, le brûlant Pétrole avec la voix magique de Kayna Samet ou encore le titre Code 187 avec Alibi Montana, K-Mel l'ancien et Sefyu (extrait: "J'ai du sang sur les mains en guise de henné").

Quand il veut fusiller en freestyle, Rohff le franc tireur de la Mafia K'1 Fry a des munitions: "Y'a pas de thème, pas de 'je t'aime', que du son et du sang qui coule en fontaine " (Outro).

Dur d'être peace, avec son intro signée Koffi Olomide, lâche quelques vérités simples. "Ceux qui veulent nous virer de la France, réfléchissez deux secondes: on nourrit l'économie, on fait gagner la coupe du monde". Un son lourd comme un cadavre, des productions dangereuses mixées par Richard Segal, habitué à travailler avec Dr Dre, et un premier single (94) produit par Denaun Porter, du gang D12/Eminem.

Le temps d'un Message à la racaille, Rohff se fait le prophète d'une jeunesse irréversible, laissée à l'abandon, les "cibles de Sarko, les délinquants les narcos" devenus les maillons faibles d'une société qui ne prête plus qu'aux riches. Tableau d'apocalypse d'un monde de cauchemar, choc de mots froids posés sur un écrin musical de braise.

Et les hits ? Sincère et son sample détourné d'un vieux classique disco rentre dans les cerveaux dès la première écoute, International avec Roldan d'Orishas explore les rythmes latinos et Bling Bling invite la star du dancehall underground Admiral T. Toutes les saveurs, tous les styles et tous les flows sont au menu de Rohffzilla le géant rapologique, qui s'est assis sur l'Arc de triomphe pour symboliser son irrésistible ascension.
Par lascar9310
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Mardi 27 décembre 2005
Joey Starr est né le 27 octobre 1967 à St Denis en banlieue parisienne.
C’est dans le métro qu’il rencontre son complice Kool Shen.
Ensemble, ils vont commencer par danser puis tager.
En 1989, Joey Starr fait sa première télé, il est invité à rapper dans l’emission de Dee Nasty sur Nova.
En 1990, les deux compères enregistre leur premier titre « Je rappe » chez Label Noir. En 1993, un deuxième titre « J’appuie sur la gâchette ».
Ils prennent le nom de NTM.

En 1994, le groupe monte sur scène pour la première fois au profit des restos du Cœur. En 1996, premier grand concert contre la montée du Front Nationale à Toulon.
NTM remplit les salles.
L’album « Paris sous les bombes » est double disque d’or. Les deux chanteurs continue de mobiliser les foules et l’album « Suprême NTM » est un succès. Malgré ses démêlés avec la justice (il a fait plusieurs mois de prison), Joey Starr a toujours su attirer la sympathie du public.

En 2001, les deux rappeurs sortent un autre album « Le clash » et décide de mettre un terme à leur collaboration. Joey Starr créée “B.O.S.S” ET Kool Shen “IV my People”. En 2003, Joey Starr sort un DVD « Who is the boss ».
Par lascar9310
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Mardi 27 décembre 2005
Kool Shen qui a choisi aujourd'hui de faire cavalier seul a bien entendu, fait ses débuts au sein du groupe NTM. Joey Starr et Kool Shen rappent ensemble sous le nom de Nique Ta Mère. En 1989, Dee Nasty, qui présente une émission sur Radio Nova, les invite pour un free-style en direct à l'antenne. Tout commence, après un premier essai, NTM balance Paris Sous Les Bombes leur plus bel album. Le 14 juillet, ils participent au Concert des Libertés pour protester contre la victoire du Front National à Toulon : l'origine de l'affaire NTM. Les lascars sont condamnés à 6 mois de prison avec sursis, dont 3 mois ferme, avec interdiction d'exercer la profession de chanteur de variétés pendant 6 mois pour propos outrageants envers les forces de l'ordre. Alors que les ventes de Paris Sous Les Bombes approchent les 400 000 exemplaires, NTM sort son 4ème album Suprême NTM. Carton immédiat au box-office, comme pour la vidéo Authentiques et NTM Live. A la fin 99, Kool Shen crée son propre label IV My People. Kool Shen promotionne ses artistes : Zoxea, Toy, Salif ou Lord Kossity. Le 25 avril 2000, Certifié Conforme, le premier album du collectif sort dans les bacs. IV My People Zone, suit l'année d'après tandis que Kool Shen lance enfin son propre album solo début 2004. Il s'intitule Dernier Round. Fin 2004, le rappeur annonce son envie de se retirer de la scène. Il livre un dernier album/DVD en avril 2005 en collaboration avec Rohff et Dadoo. Intitulé L'Avenir est à nous cette ultime disque reprend des singles, des titres en live, certains de ses clips ainsi qu'un morceau inédit.
Par lascar9310
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Mardi 27 décembre 2005

BOOBA est né le 9 décembre 1976 à Boulogne.
Nous sommes en 1996, c'est "Le crime paie" sur la compilation Hostile, sorte de manifeste du rap de rue, en tout cas un vivier auquel une grande partie du rap français n'en finira pas d'immensément puiser. Booba dont les promiscuités successives avec les plus importantes formations du rap français, La Cliqua, X-men du temps de Time Bomb, le Beat de Boul, ne sont certainement pas dues au hasard, depuis ses premières compositions avec son groupe Lunatic, et avant même "Le crime paie" ou le titre "Les vrais savent" sur la compilation L432, a toujours étonnamment su faire se rejoindre la brutalité sèche du constat et un registre plus sophistiqué : une savante élaboration rythmique dans son écriture, une manière de procéder par images que même ses détracteurs ne lui enlèveraient pas. Sans jamais verser dans aucun catéchisme quel qu'il soit, assumant un matérialisme en passe de devenir le mot d'ordre de notre société, renonçant à toute morale, Booba avance à visage découvert jusqu'à son premier album solo Temps mort en 2002, où l'espace qu'il s'est créé lui permet d'exprimer sans entrave ni inhibition l'extrême particularité de ses visions. Aussi étrange que cela paraisse ce sont bien des visions qui portées par la musique et un flow rauque sinon rocailleux touchent d'autant plus leur but, et ce n'est certes pas l'auteur lui-même qui nous contredira, lui qui dit écrire dans une espèce de flou, de flash.
Des exemples ? Qui aurait songé à voir dans le matérialisme la perspective de laisser tout en pourboire au croquemort, dans une insomnie un marchand de sable sniffant de la coke ? Pour traduire la violence de cette époque, s'imaginer un fœtus avec un calibre, ou, exposant sa difficulté à trouver le sommeil concevoir le geste de verser sa peine et son insomnie dans la feuille à rouler ?
Tel est bien Booba, lui qui se veut la tornade de Boulogne, un créateur d'images mystérieuses qui s'incrustent en nous, s'incisent, collant à nos rétines, un auteur dont la force première est d'abord de nous parler plus que de lui : à partir de lui (ce dans un mouvement, le rap français, où l'expression communautaire l'emporte généralement sur le point de vue individuel).
Pour preuve, avec l'album Panthéon, Booba installé en solo innove avec la création d'un territoire fantasmatique "Tallac", comme si la singularité de sa langue nécessitait parallèlement un lieu qui lui fût propre. Après avoir enchaîné en indépendant rien moins que deux disques d'or, Mauvais œil avec Lunatic et Temps mort son premier solo, un single "Destinée" lui assure enfin des passages radio et un titre sur la bande originale de Taxi 3 renforce sa notoriété. La notoriété ? Disons le vœu de la société d'enfouir et masquer la singularité de l'individu derrière une série d'ennuis divers avec la justice de Booba à la une alors que le silence est de mise lorsqu'il s'agit de sa musique dans les médias.
On comprend son désir d'exil à "Tallac" et quoique le rappeur demeure un ardent représentant des Hauts-de-Seine, quoique ni sa mélancolie spécifique ni sa sombre brutalité dans l'exposition des faits n'aient été altérées sur ce nouvel album, nous retrouvons ce sentiment clair de triomphe qui leur fait opposition et contribue à la force des disques de Booba. On n'intitule pas pour rien son disque Panthéon. Comme Jean Genet, Booba aurait pu dire : "ma victoire est verbale".

Par lascar9310
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